Dans l’histoire de la lutte de la reconnaissance du droit des peuples, un nombre important de chefs religieux ont succombé à la forte tentation de vengeance les conduisant à laisser tomber rapidement leur conviction, leur soutane, leur djellaba…pour prendre des armes dans l’objectif de se faire entendre et de défendre leurs peuples ou coreligionnaires. Nous avons les cas flagrants de l’Abbé Augustin Diamacoune SENGHOR en Casamance (Sénégal), de l’Abbé Camilo TORRES (Colombie), du Pasteur Joseph KONI (Ouganda) ou de l’Imam Moqtada-AL-SADR (Irak) qui furent très influents politiquement dans leurs communautés mais qui malheureusement ont usé négativement de la religion par avoir leurs adeptes, causant à un moment un déséquilibre considérable menaçant pour la paix mondiale.
Ces prises de positions religieuses dangereuses sont très nombreuses dans nos sociétés. C’est rare chance d’avoir en Centrafrique des chefs religieux conscients du danger d’embrasement par la religion et qui choisissent de rester neutres, actifs dans la recherche de la paix dans leurs communautés afin de permettre au peuple d’espérer de sécher un jour leurs larmes. Dandaranews.com se pose cette question capitale : Peut-on oser négliger les leaders religieux dans la résolution de la crise centrafricaine ?

Les conséquences immédiates de l’embrasement de la crise centrafricaine ont fait réagir plusieurs âmes sensibles de par le monde. Des ONG nationales et internationales aux associations religieuses (chrétiennes, islamiques…), beaucoup de démarches, de négociations ont été menées, surtout par nos chefs religieux. Il leur suffit juste de faire des sorties médiatiques par des déclarations pour avoir un résultat positif inattendu, ralentisseur de la l’élan de vengeance de leurs compatriotes. De par une union solide affichée publiquement par ces chefs religieux et appréciée par nos gouvernants et des institutions internationales, ils interviennent avec sagesse et poids dans la résolution de la crise. Leur neutralité a été éprouvée quoique mise à l’épreuve de nombreuses fois par des actions destructrices des chefs des milices chrétiennes ou musulmanes.
Nous réaffirmons sans peur que le conflit centrafricain n’est pas religieux, n’a pas et n’aura jamais une origine religieuse. La plupart des pays du monde sont tellement encrés dans la religion si bien que ce facteur est devenu une force, un pouvoir à ne pas négliger dans la gestion des conflits communautaires. Connaissant ce pouvoir qu’a la religion dans nos communautés centrafricaines, les chefs de factions en conflit instrumentalisent, utilisent la religion pour justifier leurs actes et avoir des adeptes. Durement touchée et ceci, plusieurs fois par les ennemis de la nation, des appels à la vengeance, à la haine suite à des assassinats sauvages de certains hommes religieux beaucoup aimés et respectés par leurs coreligionnaires n’ont pas produit les résultats escomptés. La destruction quotidienne des édifices religieux sans parler des tensions occasionnant des morts des fidèles ne rend pas les choses faciles pour une accalmie et apaisement des esprits.
Les craintes et les inquiétudes exprimées de part et d’autres ne peuvent se justifier gauchement par la religion, en dépit des actes ignobles perpétrés quotidiennement contre telle ou telle confession. Nos leaders religieux sont les premiers à faire des interventions consolatrices sans porter accusation. Toutes les grandes réunions, les rencontres nationales ou internationales dans l’optique de trouver la paix en Centrafrique ont eu l’approbation sans conditions préalables des chefs religieux qui ne souhaitent que la paix, la tranquillité, la cohésion, l’entente …pour tout le peuple centrafricain. Ces hommes traversent aussi des moments difficiles dans leurs entourages, subissent des hostilités, des critiques venues de ceux qui préfèrent la vengeance au pardon et à la tolérance. Dans leurs actions de réconciliation, ils sont à tout moment exposés à des dangers de la part de ceux qui ne veulent pas que la crise prenne fin. Toujours une ferme condamnation des attaques et le pillage des édifices religieux comme l’archevêché de Bambari et la destruction des mosquées comme celle des quartiers de Lakouanga, de Ngaragba…avec des morts des innocents qui s’en étaient suivies.
Le respect des lieux religieux est sacré et doit être de rigueur car aucun livre saint (Bible, Coran, Torah…) ne prône la violence et la destruction des lieux de prière. Et en espérant des jours meilleurs pour le Centrafrique, nous ne cesserons jamais de remercier du fond du cœur les acteurs religieux de la résolution de la crise centrafricaine comme l’Archevêque de Bangui le Cardinal Dieudonné NZAPALAINGA, le Président du Comité Islamique Centrafricain l’Imam Oumar Kobine LAYAMA et le Président de l’Alliance Evangélique Centrafricaine le Pasteur Nicolas GUEREKOYAME-GBANGOU et plein d’autres en coulisse pour toutes leurs actions, sorties, interventions faites en faveur de la paix en Centrafrique pays de ZO KWE ZO.
Donnons l’occasion à nos leaders religieux de faire leur preuve et soutenons-les ardemment dans ce processus de recherche de solutions pour une sortie de crise en Centrafrique. Ils représentent et resteront un maillon fort de l’apaisement des esprits à ne pas négliger sous aucun prétexte.

Peu importe notre origine ethnique, politique ou notre confession religieuse, soyons tous des proches gardiens de nos frères et sœurs de Centrafrique !!!!

Le Centro Rassembleur