Centrafrique /BRIA : Des groupes armés misogynes qui ne portent pas les femmes dans le cœur

Femmes en larmes, portant des balluchons, les enfants en pleurs attachés au dos, sous une pluie diluvienne en direction de la brousse.  Ces personnes vulnérables fuient les incessantes attaques ou sporadiques des groupes armés qui œuvrent dans la région de Bria dans la Haute Kotto en toute impunité. Cette ville est depuis sous le contrôle des troupes non conventionnelles de l’ex-coalition Séléka qui y commettent des exactions les plus ignobles et sèment la terreur par la population civile. Ces pratiques meurtrières d’un autre âge affectent durement l’instauration de l’autorité de l’Etat en dépit de la volonté manifeste des autorités compétentes du pays de privilégier le dialogue avec les ennemis du peuple.

Malgré tout la situation s’enlise et c’est la pauvre population qui en souffre dans sa chair chaque jour que Dieu fait. Femmes indignées de Bria et des environs, excédées par les traitements humiliant et dégradant que leur infligent les groupes armés, décident de faire entendre leur voix au mois d’août dernier. C’est ainsi qu’elles ont organisé une marche pacifique pour dénoncer les tueries, la souffrance et la misogynie qu’ils vouent à l’endroit des femmes principales victimes de ces conflits fratricides. Le mouvement était soutenu par les jeunes de la localité malgré la hargne des rebelles armés jusqu’aux dents.

Quelques jours seulement après cette manifestation pacifique, la Séléka est revenue à l’attaque pour brandir ses muscles par une attaque d’une intensité violente, occasionnant la fuite de la population dans les zones infestées où les femmes et enfants non protégés vivent à la merci des intempéries, des morsures de serpent et des maladies de tous genres notamment hydriques. Ces assaillants n’ont pas un esprit bienveillant pour ces personnes en détresse.

Du coup, elles se rendent compte de l’incompréhension pour leur détermination à la recherche de la paix et de la cohésion sociale. Pour leurs assaillants, il n’y a pas raison de faire la distinction entre hommes et femmes surtout issus de la communauté chrétienne. Comme disait l’autre, bien éclairé, en de pareilles circonstances, tout fait nombre, c’est-à-dire sans distinction de choix.

Femme, fondement de la nation

De toute évidence l’on peut s’indigner de ce qui se passe dans cette contrée de la République Centrafricaine où depuis les temps immémoriaux les autochtones vivaient en symbiose sans accrocs jusqu’à l’avènement du coup d’Etat perpétré par Michel Djotodia et ses sbires de la constellation Séléka qui ont mis le pays sens dessus, sens dessous pour le malheur de nos compatriotes. C’est justement dans cette atmosphère que le jour et la nuit ne se rencontrent pas : « quelle que soit la durée de la nuit, le jour apparaitra », fin de citation.

Il y a eu dans notre univers, deux guerres mondiales, des dictateurs patentés et ceux qui veulent soumettre leurs peuples à l’esclavage et aujourd’hui, la démocratie a triomphé. Donc, Bria n’est qu’une étape, une parenthèse dans la vie d’un peuple. Un peuple acquis aux principes de la non-violence. C’est ce qui caractérise le peuple centrafricain attaché à sa devise qui fait une part belle au vocable dignité. Un peuple recherchant sa souveraineté.

A Bria, ce principe prévaut même si la population a fui les attaques pour trouver refuge dans la brousse. Les femmes de la région sont entreprenantes pour le retour d’une paix définitive dans le pays. C’est le sens profond de leur marche pacifique du mois d’aout sabordée par les attaques qui en ont suivies. Si la misogynie est un sentiment hostile pour la femme, celle-ci ne mérite pas la souffrance infligée par les groupes armés car, elle symbolise le fondement de la nation.

Ben