« Des combats ont opposé deux groupes armés dans l’extrême nord-est de la Centrafrique début septembre et ont causé la mort d’une trentaine de personnes et le déplacement de plus d’un millier de civils dans la ville de Birao dans la VAKAGA », a annoncé mercredi le porte-parole de la mission de l’Onu en Centrafrique (Minusca). Par ailleurs, Le président centrafricain, Faustin Archange Touadéra avait parlé le 5 septembre dernier d’une « dizaine de morts ». Dandara Réconciliation News revient sur ces malheureux évènements qui ont secoué la République Centrafricaine une fois de plus.

 

Du 1er au 3 septembre, des éléments du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ) avaient affronté les miliciens du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) dans la ville de Birao, à 60km de la frontière entre la Centrafrique et le Soudan. Au terme de trois jours de combats, 13.000 déplacés ont fui leur domicile, selon la Minusca. Pour cause, les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux le 4 septembre, le MLCJ explique que le FPRC s’est érigé en groupe terrorisant la population. Ce dernier aurait assassiné lâchement plusieurs membres de la localité après rackets et vols, ce qui aurait déclenché un cycle de représailles des membres de leurs familles respectives issus des groupes armés opérant dans la région. Pour le FPRC, c’est pour lutter contre l’entrée illicite d’armes et le recrutement par le MLCJ de mercenaires étrangers, qu’il se serait érigé en gendarme contre le MLCJ.

Le MLCJ et le FPRC sont issus de la partition de l’ex-rébellion séléka, une coalition de groupes armés qui avait chassé du pouvoir le président François Bozizé en 2013. Les deux groupes ont signé un accord de paix à Khartoum avec le gouvernement centrafricain le 6 février mais leur rivalité dans la région de Birao n’a pas cessé pour autant.

« Il doit y avoir un prix concret à payer pour ceux qui font obstacle au processus de paix. Le gouvernement demande aux partenaires qu’ils appliquent les sanctions », a déclaré le porte-parole du gouvernement centrafricain, Ange-Maxime Kazagui, au cours d’une conférence de presse conjointe avec son homologue de la Minusca, Vladimir Monteiro.

Le 23 août, le représentant des Nations unies en Centrafrique, Mankeur Ndiaye, avait menacé de sanctionner « strictement » les violations de l’accord de paix. Malgré les évènements de Birao, « l’accord de paix reste et demeure », a indiqué M. Kazagui. « On ne signe pas un accord pour aller le détruire au premier dérapage. En tant que gouvernement responsable, on ne peut pas faire cela », a-t-il ajouté. 

Ce n’est pas la première fois que l’Accord de Paix est violé par un ou des groupes armés. En effet, des évènements similaires ont eu lieu dans le Centre, l’Est et l’Ouest du pays. Cependant le cas de Birao a alerté la communauté nationale puisque les affrontements ont eu des élans de violences communautaires et ethniques car opposant le MLCH a dominance constituée de membres de l’ethnie Kara et le FPRC constitué de membre de l’ethnie Roungas.

En RCA, la population demeure toujours victime de violences commises par les groupes armés qui contrôlent encore aujourd’hui 70 % du territoire.