Ces derniers temps, pas un jour ne passe sans que l’actualité nationale centrafricaine ne soit ponctuée de faits de guerre, de morts, de blessés ou de tirs à l’arme automatique. Il semblerait que la capitale centrafricaine soit de nouveaux en proie au cycle de violences qu’elle a connu entre 2013 et 2014 lors de la prise de pouvoir par la coalition rebelle séléka. L’on stigmatisait la séléka à un groupe à dominance musulmane et ceux qui leur opposaient les ripostes, les milices antibalakas, furent assimilées aux chrétiens et animistes.
«  Une guerre confessionnelle ? » s’interrogeait Christophe Boisbouviers sur les ondes de la RFI.
En effet, peu après les attaques des autodéfenses du km5 sur l’église Notre Dame de Fatima dans le 6ème arrondissement de Bangui causant la mort de plusieurs civils et d’un prêtre, l’abbé Albert Tougoumalé-Baba, ce dimanche 6 Avril entre 15h et 18h, des tirs nourris d’origine inconnue étaient entendus dans le quartier Km 5, ainsi que dans les quartiers périphériques, faisant au moins quatre blessés selon l’AFP et Médecins Sans Frontières (MSF).
De sources gouvernementales, les autodéfenses du Km 5 ont attaqué les populations civiles des quartiers avoisinants : Castors et Yakité, en représailles à la destruction des mosquées dans les quartiers Lakouanga et Gobongo. Leurs objectifs étaient, outre causer le maximum de perte aux populations civiles, de détruire également deux églises chrétiennes, l’une protestante et l’autre catholique (l’église de la Sainte-Trinité) ainsi que des maisons de particuliers. Leur attaque a été stoppée dans un premier temps par les jeunes des quartiers organisés en comité de défense. Ce n’est qu’une heure après que les forces de défense et de sécurités accompagnées des casques bleus sont entrés en action pour sécuriser le secteur.
Bilan : Plusieurs maisons incendiés, des centaines de déplacés et une vingtaine de morts et de blessés.
Interrogé par les médias, le chef des autodéfenses du km 5 Niméry Matar alias « Force » affirme que ses éléments se sont défendus face à une attaque des FACA.


Ces épisodes de violences quasi périodiques n’avaient plus été d’actualité dans la capitale Bangui depuis près d’un an, voilà pourquoi l’on est tenté de se demander si ces derniers évènements ne sont pas prémédités et destinés à déstabiliser l’actuel régime.
Fort heureusement, le Président Touadéra a le soutien de ses forces armées nouvellement recyclées ainsi que divers appuis de toute la communauté internationale à travers la MINUSCA et les Organisations Internationales. Tout en condamnant avec la dernière rigueur cette recrudescence de la violence, il continue d’œuvrer pour la paix, la sécurité et la fin de la crise centrafricaine nonobstant les obstacles des fossoyeurs du retour à la paix et l’état de droit.

Kota Wali