Durant tout le mois de février, les médias nationaux et internationaux ont vraiment martelés sur un fait qui risque, à bien des égards, d’implanter du plomb dans les ailes de la bonne relation établie entre la famille BOKASSA et le régime du Président A. Faustin TOUADERA. Certains membres du gouvernement centrafricain en effet, comme celui de l’Administration du territoire en la personne de Jean Serge BOKASSA, se sont plaints de la manière dont a été gérée l’installation des instructeurs militaires russes à Bérenguo. L‘affaire a suscité une très vive réaction dans la famille Bokassa.

De quoi s’agit-il ? Pourquoi tant d’encres coulées autour de cette affaire ?

Bérenguo est situé à 65 km au sud-ouest de Bangui, dans la préfecture de la LOBAYE, commune de BOBANGUI dont est originaire l’ex-empereur BOKASSA Ier. Ce dernier en a fait un domaine privé comme le château de Gbadolite du Maréchal MOBUTU en RDC ou la Résidence de Houphouët BOIGNY à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire, Palais impérial par décret du 21 décembre 1976, le lieu abrita l’Empereur jusqu’à sa chute en 1979, où le palais fut pillé, saccagé et abandonné. Plus tard, au décès de l’Ex-empereur en 1996, il y fut inhumé.

A la surprise de tout le monde l’ex-président BOZIZE a profité du 1er décembre 2010 pour réhabiliter le dernier empereur africain dans ses droits et la restitution totale de ses biens à sa quarantaine d’enfants dont l’actuel Ministre de l’Administration du Territoire.

Depuis l’éclatement de la crise militaro politique suivie de la non-activité des Forces Armées Centrafricaines (FACA), les 623.000 km2 centrafricains ne sont pas sécurisés et restent la merci des groupes armés qui y sévissent cruellement. Cette situation chaotique a interpellé toutes les grandes puissances et instances internationales qui se sont battues pour stabiliser le pays par le truchement des casques bleus. Des élections ont eu leu après une transition de deux ans. Démocratiquement élu, le Président M. Faustin Archange TOUADERA et son gouvernement, avec l’aide des partenaires internationaux vont se lancer dans la formation, la structuration, d’une armée nationale républicaine.

La Russie en mi-décembre 2017, après de longues négociations avec le Conseil de sécurité de l’ONU, a obtenu la levée partielle de l’embargo sur les armes en direction de la RCA avec autorisation à doter d’un stock d’armement la République Centrafricaine.

Il a fallu que les instructeurs russes aménagent sur autorisation du gouvernement centrafricain à Béréguo pour assister à la série de discorde dans la famille, au sein du gouvernement voire quelques observateurs de la scène politique nationale.

Pour beaucoup, étant le père de l’armée centrafricaine, l’ex-empereur centrafricain BOKASSA Ier serait très honoré (s’il était vivant) de voir sa propriété être utilisée pour l’instruction des Forces Armées Centrafricaines (FACA), cette force qu’il a créée jadis. Il serait en désarroi est de constater qu’un de ses héritiers, pis en qualité de membre du gouvernement, sème de la zizanie en dépit de l’acceptation de certains héritiers, prétextant ne pas avoir été mis au courant des dispositions prises par le gouvernement dont il fait partie quant à l’installation des instructeurs russes à Bérenguo.

Est-ce un sabotage ? Est-il instrumentalisé ?

Bref pour faire cesser la polémique et certains propos fabriqués et attribués à son endroit, le ministre Jean Serge BOKASSA s’est ainsi résumé au micro d’Edouard DROPSY correspondant de la RFI à Bangui : j’appelle à la sagesse…

Avec cet appel, le calme et la compréhension prévaudra-t-il au sein de l’équipe gouvernementale affaiblie par cette épisode de dissension au sein ?

En tout cas, le peuple centrafricain a besoin d’entente et de cohésion … pour sa sortie définitive de cette crise qui perdure depuis.

Le Centro Rassembleur