ANALYSE :

A QUI PROFITE L’INSTABILITE DES INSTITUTIONS DE LA RCA ?

Couramment, lorsque l’on parle de coups d’Etat ou de rebellions qui fragilisent ou déstabilisent un régime en République Centrafricaine, on pense souvent à des acteurs internationaux dont la France ; alors qu’en réalité, des forces internes y contribuent grandement et ce, dans le souci d’arriver au pouvoir par tous les moyens.

Après la tragi-comédie que nous a jouée il y a encore peu, le sieur Honorable Alfred Rhombot, députe de Mbaïki 2 en pleine séance plénière de l’assemblée nationale relative à la destitution de son président, l’on se rend compte de l’importance du jeu des groupes armés dans la politique centrafricaine.

Le journal national quotidien, « Le Confident », dans sa parution n°4548 du 27 Novembre 2018, relevait à sa page 2 dédiée à la politique, que le 15 Novembre, dans une maison située à côté du pont Yakité à Bangui, la tenue d’une réunion « secrète » regroupant Nimery Matar alias « force », Moussa Kolo et un ancien Ministre Conseiller à la présidence de la République. Objectif de cette rencontre, étudier les possibilités de nuire physiquement au chef de l’Etat ou à son Premier Ministre.

En outre, nos collègues du « Centrafric Matin » dans leur tirage matinal N°2847 ont démontré que les violences à Bambari dans la Ouaka, centre du pays par les ex sélékas de l’UPC de Ali Darassa, ne visaient qu’a retardé ou repoussé la célébration en différée de la Journée Mondiale de l’Alimentation.

Enfin, il ne passe plus une semaine sans que la vie des banguissois et des centrafricains ne soient ponctuées de communiqués tantôt de la Mission onusienne ou des forces de défenses et de sécurité intérieure dénonçant tels complots ou condamnant tels actes ou violences.

Ainsi, à la lumière des évènements et faits que le pays a connu et connait ces derniers temps, tous les observateurs sont d’accord pour reconnaitre que les centrafricains sont victimes de leurs turpitudes. Cette affirmation tire entre autre son fondement dans le fait que certains leaders ou sociaux politiques usent de voies et moyens anti-démocratiques ou illégaux afin de parvenir au pouvoir et ce en tissant des alliances contre nature avec des forces non conventionnelles. Ces allégations peuvent s’illustrer par le soutien inconditionnel du Front pour l’Annulation et la Reprise des Elections (FARE) aux rebelles de la séléka en 2013. Et tout récemment, l’alliance entre la ‘’société civile’’ et les partis politiques de l’opposition dites ‘’démocratique’’ qui choisirent de boycotter les festivités du 1 er décembre et d’appeler à trois (3) jours de « ville morte »

Le centrafricain lambda comprend bien que l’instabilité institutionnelle dans son pays ne vient pas toujours de l’extérieur. Elle est également et en grande partie galvanisée et organisée par des acteurs nationaux qui sont souvent des politiques ou alors visant des fins politiques. Aujourd’hui et plus que jamais, les centrafricains doivent s’unir et soutenir leur gouvernement afin de faire face aux défis sécuritaires et de développement.

Le Phénix (depuis le Berceau des Bantous)