Sommet de la Francophonie : une brève approche

L’Arménie :

Ancienne république soviétique du Caucase, l’Arménie est un pays peuplé d’à peine trois (3) millions. Elle est située au carrefour entre l’Orient, l’Asie et l’Europe. Elle a été récemment secouée par « la révolution de velours », un changement politique brusque mais consensuel qui lui a permis de s’engager plus énergiquement vers des réformes sociales et institutionnelles pro-européennes. Ce pays du célèbre franco-arménien Charles Aznavour a accueillie récemment, ces 11 et 12 octobre dernier, le 17e sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qu’elle a rejointe en 2012. Une première pour Erevan, la capitale !

Quelques interventions…

La première parole fut accordée au pays hôte via son chef du gouvernement, le Premier Ministre Nikol Pachinian qui s’est exprimé en français et a fait part de son émotion. Il a rendu hommage à Charles Aznavour, lien éternel entre la France et l’Arménie. Pour lui, ce géant du music-hall, a aidé l’Arménie à se faire connaître dans le monde. Il conclura son discours en s’adressant à la jeunesse de l’espace francophone, les invitant à porter haut les valeurs de l’OIF et du  sommet, « vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité, source de paix et de prospérité ».

Le président français Emmanuel Macron quant à lui évoquera les libertés fondamentales, la dignité humaine, l’égalité hommes-femmes, bousculés de nos jours. Il appellera le français à être une langue de reconquête, sans faire de leçon à qui que ce soit. S’il rappelle que la langue française a porté ces valeurs, ce sont des Africains qui ont créé la Francophonie institutionnelle sur ce socle, précisera-t-il. De plus, le numéro un français parlera du plurilinguisme, qui selon lui n’a jamais cessé d’enrichir le français. Il aura plaidé pour une langue de l’universel, de traductions, d’échanges. Il rappellera l’engagement de la France pour de nouveaux dictionnaires, par exemple entre le français et le wolof avant de saluer les combats menés par Michaëlle Jean, notamment le féminisme.

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra appelé à la tribune, a salué le travail effectué par la secrétaire générale Michaëlle Jean. Il a rassuré ses pairs de l’adhésion totale de son peuple aux valeurs universelles de démocratie et d’État de droit. Il parlera en outre de la situation de son pays, la République Centrafricaine, saluant les 14 groupes armés ayant rejoint l’initiative menée par l’Union africaine en République centrafricaine.

La jeunesse n’était pas du reste. La Déclaration adoptée lors de la Conférence Internationale des Jeunes à Genève en septembre dernier sera présentée par les délégués de la jeunesse francophones. Ils s’exprimeront à tour de rôle sur les enjeux de l’éducation, du changement climatique, de la mobilité et de la paix dans l’espace francophone. Parmi eux, un jeune centrafricain, conclura en lançant un appel aux présidents à « accorder des sièges permanents dans la francophonie institutionnelle aux jeunes francophones ».

Mme Michaëlle Jean qui a pris la parole après les jeunes, a adressé ses premiers mots à l’endroit des victimes du génocide arménien et à la diaspora. Elle évoquera aussi les prémices de la Francophonie sur les ruines de la colonisation, le passage d’une langue de domination à une langue de partage, insistant sur la dignité des peuples. « Nous sommes chaque jour debout et à pied d’œuvre, tout sauf fatigués. ». S’agissant du bilan de son mandat, elle sera très exhaustive, survolant les grandes réalisations. Puis elle sera plus critique sur les thèmes du non-respect de la démocratie et de la gouvernance, de la montée des replis nationalistes et des inégalités, avant de terminer sur une anecdote relative à sa réélection ou non à l’endroit des chefs d’États et de gouvernement. « Une organisation qui ruse avec les valeurs et les principes est déjà une organisation moribonde », déclarera-t-elle, dans une attaque à peine voilée.

Kota Wali