Le 13 juillet 2018, la chaine internationale France 24 a diffusé un reportage grand format intitulé : Centrafrique : à la rencontre des ex-rebelles putschistes.

La rédaction de Dandanews, après visionnage, s’interroge.

Voilà un pays, la Centrafrique, malmenée de l’intérieur par des groupes armés, de l’extérieur, par des acteurs aux desseins inavoué.

Un pays qui a connu la guerre, une violente guerre, avec des milliers d’innocents morts, des milliers de déplacés, d’orphelins et de veuves. Un pays sous perfusion internationale, malgré sa grande richesse, cause principale d’ailleurs de son malheur. Ce pays qui, depuis deux ans, avec le retour de la légalité, tente avec un nouvel Exécutif, un nouveau Parlement, de remettre dans le sens de la marche l’ensemble du pays.

Malgré cela et malgré toutes les encres séchées au bas de documents d’accord, de réconciliation, etc. malgré les efforts de la communauté internationale, de l’Union Africaine… le pays reste majoritairement occupé par des groupes armés qui, empêchent l’Etat, privé de ressources et d’équipements, de se déployer convenablement.

Comment comprendre qu’un grand média fasse un grand reportage qui au-delà d’informer « semble » donner des lettres de noblesse à un rebelle, poursuivi par la justice Centrafrique, Tchadienne et internationale ? Il s’agit du nommé Abdoulaye HISSENE.

Qu’à cela ne tienne, pourquoi n’y a-t-il pas eu au moins en plateau, à défaut de l’avoir fait dans un reportage, un autre angle de lecture qui aurait pu démontrer que malgré les grands airs de ce chef rebelle, aujourd’hui, il ne représente pas la communauté musulmane ni n’incarne la division de la Centrafrique ?

Pourquoi, ce monsieur a-t-il eu autant d’honneur alors même qu’il est un hors la loi ?

Pourquoi ?
Nous ne cherchons pas à accuser ou même à commenter des faits dont nous ne maitrisons pas les tenants. Nous cherchons juste à comprendre ce que le bon sens, le notre tout au moins, a des difficultés à en saisir le bien fondé.

Peut-être que ce type de reportage en guise de publi-reportage a des raisons que nous ignorons ? Peut-être rentre t-il dans une stratégie de communication qui vient en soutien aux efforts des pays amis, de la communauté internationale?

La République centrafricaine n’a peut-être pas les moyens de rivaliser en communication avec de grands médias internationaux, mais ces derniers peuvent-ils mener une communication qui zappe les efforts des pays, dont le leur, qui œuvrent au retour de la paix en Centrafrique ?

DRN, dans son devoir citoyen, et comme le ferait tout autre Centrafricain partisan ou non de l’actuel Exécutif, se devait cet appel confraternel à France 24.

Dans tout conflit, les médias, petits ou grands, ont et jouent un rôle important dans l’apaisement, l’aggravation, l’humanisation etc. du conflit. Petits ou grands, ils doivent être sensibilisés et formés en tant que médias sensibles aux dénouements des conflits. C’est l’occasion d’y œuvrer ensemble avec tous les confrères des autres médias, de prendre conscience de toute la dimension des informations véhiculées et leur importance en période de conflits ; et surtout, des dégâts colossaux qu’elles peuvent produire si elles s’affranchissent de leur responsabilité.

La rédaction